Depuis l’attaque de N’Djaména en février dernier, la principale composante de l’Alliance Nationale, l’UFDD de général Mahamat Nouri, a subi des graves difficultés.
D’abord il y a eu la scission des ses éléments ouaddaiens, dirigés par le vice président de l’UFDD, le colonel Adouma Hassaballah. Il ont crée depuis l’UFCD.
En suite, il y a eu une série des défections plus ou moins inattendues et/ou un peu spectaculaires, notamment, le départ du Colonel Barkaï Hamid, chef d’état major 1er Adjoint.
Ces soudaines difficultés de l’UFDD ont fait réagir beaucoup des observateurs. Le Blog Ambénatna s’intérrogeait ainsi le 07/04/08 : L'UFDD est-elle entrée dans une zone de turbulence ? . Il rapporte par ailleurs que « Selon plusieurs sources d'informations concordantes, l'ex-CEMGA ainsi que plusieurs hauts responsables militaires de l'UFDD, ont exprimé de manière peu diplomatique leur ras-le-bol par rapport au pilotage à vue du mouvement qui créé selon eux une désorganisation permanente source de tous les problèmes imaginables.Elle vient de procéder à une réorganisation de son état major militaire ».
Après un long mutisme, les dirigeants de l’UFDD ont timidement annoncé hier, la mise en place d’un nouvel état major militaire. Le très controversé Colonel Tahar Wodji, reprend de nouveau la tête des troupes de l’UFDD. Il sera secondé par le Colonel Soumaïne Boloki Kebir et le Commandant Hamdan Togoï, qui sont respectivement Chef d’état major général 1er et 2ème Adjoint.
Est-ce une vraie solution face à la désorganisation permanente, qui est la source des multiples couacs auxquels nous a habitué l’état major de l’UFDD ou bien, il s’agit simplement d’un comblement des cases vides après le départ des uns et des autres ? L’origine même des problèmes récurrents de l’UFDD est elle au niveau de l’état major militaire ou du management politique ? Une nouvelle structure militaire à elle seule, avec notamment le retour du chef d’état major historique de l’UFDD, peut elle arrêter l’hémorragie des défections et renouer avec les sucées sur le terrain après les deux derniers échecs ?
Cependant, on peut remarquer que dans le nouvel état major, les deux nouveaux adjoints sont des jeunes qui n’appartiennent pas à la génération de la majorité de fameux officiers issus des anciennes tendances (FAP, FANT, CDR etc..) des années quatre-vingts. Il semble par ailleurs que tous les deux ont un certain niveau d’étude.