Un opposant appelle à un dialogue avec les rebelles
Lors d’un entretien lundi avec la PANA à Paris, Lol Mahamat Choua, affirme que "Ce qui m’intéresse, au-delà d’un gouvernement d’ouverture, c’est l’application stricte de l’accord du 13 août. Cet
accord est déjà une base de travail. Il faut aussi initier un dialogue avec l’opposition armée et toute l’opposition qu’elle soit de l’intérieur ou de l’extérieur", L'accord du 13 août 2007 avait
été signé entre les partis politiques se réclamant de la majorité présidentielle et ceux de l'opposition regroupés au sein de la Coordination pour la défense de la constitution (CPDC).
Il prévoit le "renforcement du processus démocratique au Tchad", ainsi que des élections libres et transparentes en 2009.
Mais son application bat de l’aile, car le chronogramme indiqué n’est pas respecté malgré la mise en place d’un comité de suivi et d’appui.
"Il faut aller encore plus loin, tendre la main à tout le monde. On ne peut pas régler les problèmes du pays sans la participation de tout le monde. Dans ce combat, il ne faut pas qu’il y ait un
gagnant et un perdant", a estimé Lol Mahamat Choua, ancien président du Tchad, député et président de son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale.
"Toutes les occasions sont offertes pour ramener une paix définitive au Tchad. La recherche de la paix est une nécessité, un devoir pour tout un chacun. Les Tchadiens n’ont plus aucune raison de
s’entretuer, de ne pas s’entendre, de ne pas se mettre autour d’une table", a souligné le leader du RDP.
Choua mise sur la réussite du nouveau gouvernement
Lol Mahamat Choua, président du parti Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP, opposition tchadienne), a appelé le président Idriss Déby à donner tous les moyens au nouveau Premier
ministre, Youssouf Saleh Abbas, pour lui permettre de réussir sa mission.
"Le président de la République doit avoir la bonne volonté et toute la détermination nécessaire pour permettre au Premier ministre d’assumer correctement sa charge. Nous sommes dans un tournant
décisif et il n’est pas souhaitable qu’on revienne en arrière", a-t- il déclaré dans une interview accordée lundi à la PANA à Paris.
Le président Déby, rappelle-t-on, a nommé le 15 avril dernier à la tête de la Primature, Youssouf Saleh Abbas, qui a appelé dans son gouvernement des membres de l’opposition issus de la
Coordination pour la défense de la constitution (CPDC), alors que le porte-parole de la Coordination, Ibni Oumar Mahamat Saleh, président du Parti pour les libertés et la développement (PLD),
enlevé à son domicile le 03 février à la fin de la bataille de N’Djaména n'a pas encore donné signe de vie.
La nomination d’un nouveau Premier ministre survient sous la pression de la communauté internationale qui demande l’ouverture du régime du président Déby à son opposition, alors que ce dernier
venait de repousser début février, grâce au soutien de l’armée française installée au Tchad, une attaque rebelle qui a failli renverser son régime.
Répondant à la question de savoir ce que peut faire la nouvelle équipe dans un pays confronté à une crise militaire, le président du RDP a affirmé "qu’aujourd’hui, il est très tôt pour porter un
jugement de valeur mais il s’agit d’un problème de volonté".
"Si le président de la République, a-t-il ajouté, appuie fermement le Premier ministre et met à disposition les moyens nécessaires, il réussira. Sinon, et je le dis clairement, il échouera comme
tous ses prédécesseurs".
Enlevé le même jour que Ibni Oumar Mahamt Saleh et Ngarléjy Yorongar, le dirigeant du RDP, qui est en séjour en France pour un bilan de santé, a eu un entretien le 15 avril au palais de l’Elysée
avec le chef de l’Etat français, au cours duquel Nicolas Sarkozy a redit une nouvelle fois sa détermination à ce que toute la lumière soit faite sur la disparition de Ibni Oumar Mahamat
Saleh.
Paris - 29/04/2008