Une meute d’opportunistes dégénérés, prêts à se trémousser jusqu’au crime pour assouvir leurs ambitions personnelles, n’hésitant pas à ramasser les biens matériels qu’ils recherchent dans des torrents de sang et de larmes des personnes sans défense, tuant de la main droite tandis que la main gauche forge les chaînes de la servitude du peuple Tchadien, continue d’infester le Tchad. La ruée aux jouissances mondaines est l’ultime but de cette horde de guerriers présents dans le corps de l’état pour les parvenus ou dans les grottes pour les carriéristes de fraîche date, tombés sous le joug de cette sorte d’ivresse guerrière.
Afin d’endormir leurs remords, ce qui les humanise de beaucoup, les preneurs d’otages de Tchadiens s’arrogent le titre de dépositaire d’une mission que leur a confiée le peuple Tchadien : Du côté de ceux qui se sont attribués la légalité sans être légitimes, on retrouve des arguments de devoirs envers le Tchad, sans respect des droits élémentaires et inaliénables des citoyens. Pour les hors-la-loi en quête de se servir les ressources de l’état, c’est l’obligation de porter le changement politique au Tchad sans dire davantage sur ce qui doit véritablement et nécessairement changer et comment rendre effectif un tel changement. D’un grand talent à simuler l’amour de leur pays, les guerriers Tchadiens sont, en réalité, les bras de la pieuvre incarnant les puissances étrangères (orientales, occidentales) et occultes qui s’abattent sur le peuple Tchadien. Voilà décris ces va-t-en-guerre. A considérer comme le plus haut degré de qualité qu’on peut leur attribuer.
Le faux et difficile choix
Les Tchadiens sont pris entre deux devoirs contradictoires de bidasses ci-haut mentionnés. Il ne leur reste plus qu’à choisir entre une triomphante abdication avec Idriss Deby Itno ou des vaines et ruineuses oppositions avec les politico-militaires. D’où le faux choix.
Et pourtant, nous connaissons et dénonçons quotidiennement ce comportement régressif.
En étant entièrement conscient de la nature de ceux qui décident à notre place, des dirigeants sans lumière livrés aux pires instincts, une question s’impose : pourquoi continuons-nous de supporter deux camps, en apparence opposés, issus d’un même groupe d’intérêts et de soumettre notre intelligence à d’absurdes justifications de la guerre au Tchad ?
Idriss Deby Itno : l’homme qui affole la boussole politique
La furtivité n’est pas le propre des technologies militaires. Deby prend plaisir à affoler les boussoles des analystes politiques les plus avertis et à surgir là où il est inattendu. C’est un homme dont l’aspect obscur suscite, paradoxalement, la fascination chez ses adversaires. Fin renard pour ceux qui le décrivent affectueusement ou talentueux artiste de noires manipulations pour ses ennemis, il demeure que Deby est un grand. Pour revenir à ce qui se passe au Tchad, le président Tchadien, en réalité, ne s’est pas élevé plus haut qu’on le pense. Ce sont les opposants qui sont tombés plus bas qu’ils ne sont attendus. C’est ce qui explique l’écart actuel et la déroute d’une opposition incapable de contrebalancer la politique gouvernementale.
La facilité avec laquelle le président Tchadien a défait l’opposition civile continue de décontenancer les analystes. Mais, Deby est ainsi fait et garde sa main de maître dans ce jeu de poker mortel dont il détient le secret et gagne les matchs quelles que soient les forces en présence. Si vous êtes choqués, c’est parce que vous n’avez pas encore sondé les profondeurs de la bassesse, de la servilité et du mensonge de ceux qui, d’un côté, harcèlent futilement Idriss Deby et de l’autre côté, bercent les Tchadiens dans l’illusion d’un véritable changement politique ou d’un ordre juste et démocratique au Tchad. Les dirigeants de l’opposition Tchadienne seraient davantage, à mon avis, des vulgaires déclamateurs inspirés par l’appât des gains privés plutôt que des opposants politiques au sens des mots. Observez-les une seconde fois en allant au-delà de leurs boucans quotidiens. Votre surprise se dissipera d’elle-même pour laisser place à l’horreur. On peut parier, sans grand risque de perdre, que s’il ne s’agit que des dirigeants actuels de l’opposition, Deby continuera de les mystifier, même dans une seconde vie. Ils sont trop nauséeux pour pouvoir faire quelque chose à Deby. Nous avons tord de placer notre confiance en eux.
Le premier ministre Youssouf Saleh Abbas
Nombreux sont ceux qui ont sévèrement jugé le nouveau premier ministre Tchadien avant même qu’il ne forme son gouvernement et prenne officiellement fonction. Que Youssouf Saleh Abbas soit le 13e ou 20e premier ministre sous le règne de Deby, à qui attribue-t-on la faute? L’homme semble être apprécié en raison de ses antécédents. Au mieux, en invoquant son passé, nous pouvons qualifier de probants les raisonnements qui jugent d’avance le nouveau premier ministre sur des actions qu’il n’a même pas entreprises. Autrement, ce sont des paralogismes qui s’écroulent le moindrement qu’on exige la rigueur dans le raisonnement et l’objectivité. Je pense qu’il sied d’accorder une chance à Mr Youssouf Saleh Abbas avant de l’envoyer devant le peloton d’exécution s’il échoue. C’est un droit de lui accorder le bénéfice de doute tant qu’il n’aura rien essayé.
Le double standard.
Si Deby avait nommé Abdelkader Kamougué ou Jean Alingué à la primature, beaucoup auraient hurlé naïvement de joie en concluant à une victoire de l’opposition civile ou un geste d’ouverture politique de la part du président.
Il ya encore quelques semaines, les dirigeants de l’opposition avaient été profondément humiliés par le camp présidentiel. Ils avaient tremblé comme une feuille de thé et avaient fui leur domicile pendant plusieurs jours. Ne parlons même pas du cas très grave de la disparition d’Ibn Oumar. En dépit de tout ce qui s’est passé, les opposants se tiennent prêts à faire des courbettes lorsqu’ils s’approchent de Deby et avec beaucoup de reconnaissances, ils acceptent leur poste de nomination. En quoi Youssouf Saleh Abbas serait plus servile qu’un Kamougué ? Pourquoi Saleh Abbas serait pire Alingué? Les dirigeants de l’opposition ne sont pas seulement serviles mais ils sont vils au point de se noyer dans leurs propres incohérences. On ne doit pas manquer d’objectivité, même pour les gens qu’on apprécie le moins.